Incertitude et volatilité : un risque à gérer, un revenu à capter – stratégies covered call

Au cours des derniers mois, l’enthousiasme autour de l’IA, la solidité des bénéfices et les flux d’investissement systématiques ont relégué les préoccupations macroéconomiques au second plan. Mais la remontée de l’inflation, des prix du pétrole et des inquiétudes budgétaires, combinée à l’incertitude sur la politique monétaire, a ravivé le risque de duration.
La hausse des rendements des bons du Trésor américain a pesé sur les actifs sensibles aux taux, notamment les valeurs de croissance et les entreprises technologiques à forte duration. En juillet, les taux réels en hausse ont de nouveau exercé une pression sur ces segments, tandis que la solidité des résultats des semi-conducteurs a maintenu la dynamique du secteur. Le marché reste donc soutenu, mais davantage exposé aux risques de taux, de valorisation et de volatilité.
Dans cet environnement, les obligations à duration moyenne ou longue n’offrent pas nécessairement la diversification attendue face aux actions. Les stratégies covered call avec distribution mensuelle constituent une alternative : elles monétisent la volatilité des indices actions pour générer un revenu récurrent, sans ajouter de risque de duration, tout en conservant une exposition au marché.
Pour les investisseurs qui considèrent que les valorisations actuelles offrent un potentiel de hausse plus limité au regard du risque, ces stratégies méritent donc d’être envisagées.
Risque de concentration et recherche de revenus diversifiés
À mesure que les hypothèses du modèle classique 60/40 sont réévaluées, les covered calls offrent un mécanisme permettant de transformer une partie de la volatilité actions en revenu, au sein d’une structure UCITS familière et scalable.
Les allocations passives sont par ailleurs moins diversifiées qu’elles ne le paraissent. Les dix premières composantes représentaient environ 36 % du Nasdaq-100, soit plus du double de leur poids il y a dix ans.[1] Lorsque le sentiment se retourne sur ce groupe, la correction de l’indice peut être rapide et disproportionnée par rapport à l’évolution de l’économie.
Dans le même temps, l’incertitude sur la trajectoire des taux et sur l’inflation rend les obligations plus vulnérables au risque de duration. Pour les investisseurs à la recherche de revenus, ce risque est particulièrement important lorsque la visibilité sur les taux reste limitée.[2] Les revenus des ETF covered call proviennent principalement de la volatilité implicite, plutôt que des spreads de crédit, des dividendes ou de la duration.[3] La stratégie ne nécessite donc pas de prendre une vue directionnelle sur les taux. Si l’incertitude macroéconomique maintient la volatilité implicite à des niveaux élevés, les primes d’options peuvent rester attractives.[4]. Ce revenu constitue un coussin potentiel face aux baisses modérées et peut améliorer le profil rendement/risque par rapport à une exposition actions non couverte, en particulier lorsque les marchés sont volatils ou évoluent dans une fourchette étroite.

La prime de volatilité
Une stratégie covered call consiste à détenir une position longue sur un indice actions, physiquement ou via un swap de performance totale, et à vendre régulièrement des options d’achat sur ce même indice, généralement sur une base mensuelle, hebdomadaire ou quotidienne.
La prime perçue constitue la principale source de revenus. En contrepartie, la stratégie renonce à une partie de la hausse au-delà du prix d’exercice. Si l’indice clôture sous le strike à l’échéance, l’option expire sans valeur et la stratégie conserve la prime. S’il clôture au-dessus, les gains supplémentaires de l’exposition actions sont compensés par la perte sur l’option vendue.
Le mécanisme est donc simple : une partie du potentiel de hausse est échangée contre un revenu immédiat. La prime réduit mécaniquement le risque de baisse par rapport à une exposition actions non couverte et conduit à un bêta inférieur. Les stratégies ATM ont historiquement affiché un bêta d’environ 0,50 à 0,60 par rapport à leur indice sous-jacent.[5]

Le niveau de la prime, et donc du revenu généré, dépend principalement de la volatilité implicite.[6] Lorsque les anticipations de fluctuations augmentent, les options deviennent plus chères et la prime potentiellement capturable augmente. Les risques macroéconomiques, géopolitiques ou spécifiques aux marchés peuvent ainsi soutenir durablement les niveaux de volatilité et, par conséquent, le revenu potentiel des covered calls.[7]
C’est ce qui distingue ces stratégies des approches de revenu traditionnelles : la rémunération provient principalement de la monétisation de la volatilité, et non du risque de crédit ou de duration.
Le Nasdaq-100 se prête particulièrement bien à cette approche, car sa volatilité historique et implicite est généralement supérieure à celle du S&P 500, ce qui peut se traduire par des primes d’options plus élevées.[8]
Le profil de revenu peut être ajusté grâce à trois variables :
. Le prix d’exercice : les calls à la monnaie génèrent davantage de prime, mais réduisent davantage le potentiel de hausse ; les calls hors de la monnaie conservent davantage de participation à la hausse, avec une prime inférieure.
. La couverture notionnelle : une couverture plus élevée augmente le revenu potentiel mais plafonne une part plus importante de l’exposition actions.
. La fréquence de renouvellement : elle influence la capture de la valeur temps et la sensibilité aux variations de la volatilité entre deux réajustements.
Les indices passifs fixent ces paramètres de manière systématique, tandis que les stratégies actives peuvent les ajuster en fonction des conditions de marché et de la surface de volatilité.
Les investisseurs institutionnels se tournent vers les ETF covered call
La base d’actifs des stratégies covered call continue de progresser. Les ETF covered call UCITS représentaient environ 7,83 milliards de dollars d’actifs en juin 2026, avec 1,77 milliard de dollars de collecte depuis le début de l’année.[9] Les stratégies sur Nasdaq-100 constituent la part la plus importante, soutenues par la volatilité structurellement plus élevée de l’indice et par des structures permettant de préserver une partie du potentiel de hausse.[10]
Les covered calls constituent aujourd’hui l’un des principaux moteurs de développement des ETF sur options en Europe.[11] Ils transforment une stratégie historiquement institutionnelle en une solution de revenu systématique, liquide et accessible.
Global X ETFs Europe a développé une gamme d’ETF covered calls UCITS comprenant quatre stratégies systématiques de vente d’options d’achat à la monnaie sur le Nasdaq-100 (QYLD LN), le S&P 500 (XYLU LN), l’Euro Stoxx 50 (SYLD LN) et le DAX (DYLD LN). Cette gamme illustre l’évolution des covered calls : d’un outil de gestion sophistiqué à une brique de portefeuille permettant de monétiser la volatilité, réduire le bêta et générer un revenu récurrent.
[1] Ibid.
[2] CNBC. Voici les cinq principaux enseignements de la première réunion de Kevin Warsh en tant que président de la Fed. 17 juin 2026.
[3] Black, F., & Scholes, M. (1973). "The Pricing of Options and Corporate Liabilities." Journal of Political Economy, 81(3), 637-654.
[4] Financial Times. Kevin Warsh’s push to axe Fed guidance may lift US borrowing costs, investors warn. (Les investisseurs préviennent que les efforts de Kevin Warsh pour mettre fin aux orientations de la Fed pourraient entraîner une hausse des coûts d’emprunt aux États-Unis.) 21 juin 2026.
[5] Illustration de Global X avec des informations dérivées du terminal Bloomberg au 29 juin 2026. Les données sont mesurées sous forme de bêta hebdomadaire sur une période de deux ans, du 29 juin 2024 au 29 juin 2026, pour 1) l’indice Cboe NASDAQ-100 BuyWrite V2 UCITS par rapport au Nasdaq 100 ; 2) l’indice Cboe S&P 500 BuyWrite 15 % WHT par rapport à l’indice S&P 500 ; 3) l’indice EURO STOXX 50® Covered Call ATM par rapport à l’Eurostoxx 50 et 4) l’indice DAX Covered Call ATM par rapport à l’indice DAX.
[6] Black, F., & Scholes, M. (1973). "The Pricing of Options and Corporate Liabilities." Journal of Political Economy, 81(3), 637-654.
[7] Penn Mutual Asset Management. When Fear Leads Reality : Inside 2026’s Volatility Surge. (Quand la peur mène à la réalité : Au cœur de la poussée de volatilité de 2026.) 26 mars 2026.
[8] Yahoo Finance. Données historiques de l’indice de volatilité CBOE NASDAQ 100 (VXN) et de l’indice de volatilité CBOE (VIX). Au 29 juin 2026.
[9] Global X, sur la base de données issues d’ETFBook classées dans la catégorie des stratégies basées sur options et filtrées pour ne retenir que les ETF UCITS Covered Call au 25 juin 2026.
[10] Ibid.
[11] Ibid.
